Dans le monde

Distribution spatiale des chauves-souris à travers le monde
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La carte ci-dessus , montre la répartition (en bleu) des chauves-souris à travers le monde.

Les chauves-souris sont représentées par le groupe de mammifères le plus diversifié au monde, après celui des rongeurs (qui compte environ 1700 espèces). Les chauves-souris font partie de l’ordre des chiroptères (du grec  »cheir » qui signifie  »main », et  »pteron »,  »aile »). Cet ordre se subdivise en deux sous-ordres: les Vespertilioniformes et les Pteropodiformes, qui regroupent 18 familles, elles mêmes constituées d’un nombre variable de genres et d’espèces.

Selon les plus récentes estimations, près de 1116 espèces seraient reportées à travers la planète, hormis dans les régions circumpolaires. Environ un quart des mammifères connus à ce jour sont donc des chauves-souris et 88 % d’entre elles vivent sous les tropiques. 

La plus petite espèce de chauve-souris, la chauve-souris bourdon, (Craseonycteris thonglongyai) appelée ainsi en raison de sa taille,  pèse à peine 2 grammes, alors que les plus grosses, les renards volants, (Pteropus spp), peuvent atteindre 2 m d’envergure et peser jusqu’à 1.5 kilo. Il existe également chez ces mammifères une incroyable diversité  de régimes alimentaires. Sous nos latitudes, les chauves-souris se nourrissent presque exclusivement d’insectes.

En Europe, une espèce nommée la grande noctule (Nyctalus lasiopterus) se nourrit de petits oiseaux migrateurs, alors qu’en Amérique latine,  la chauve-souris bouledogue (Noctilio leporinus), plus exotique, pêche des poissons en pleine mer. D’autres espèces se nourrissent exclusivement de fruits ou de nectar.

C’est le cas de la mystérieuse petite chauve-souris à queue courte (Mystacina tuberculata) qui se délecte de nectar, de fruits et d’insectes glanés ça et là, sous la canopée des forêts primaires Neo-Zélandaises.

Dans les forêts tropicales du Mexique et d’Amérique du Sud, le vampire commun, hématophage, (Desmodus rotundus) ne jure que par quelques lampées de sang frais. Contrairement à la croyance
populaire, ces chauves-souris préfèrent le sang du bétail, des chevaux et des oiseaux à celui des humains.

Les chauves-souris peuvent nous paraître étranges à bien des égards. Comme toute forme de vie, l’évolution a doté ces animaux d’outils perfectionnés pour interagir efficacement avec leur environnement.

Les adaptations qui en résultent peuvent parfois sembler grotesques, elles n’en sont pas moins indispensables pour assurer la survie de ces espèces. Ce constat est particulièrement vrai chez les chauves-souris dotées d’écholocation principalement les vespertilioniformes, qui émettent des ultrasons pour chasser leurs proies et se repérer en pleine obscurité.

Le sous-ordre des Vespertilioniformes

 

  • Les  Emballunoridés: 13 genres, 51 espèces
  • Les Furipteridés: 2 genres, 2 espèces
  • Les Molossidés: 15 genres, 100 espèces
  • Les Mormoopidés: 2 genres, 10 espèces
  • Les Mystacinidés: 1 genre, 2 espèces
  • Les Myzopodidés: 1 genre, 2 espèces
  • Les Natalidés: 3 genres, 8 espèces
  • Les Noctilionidés: 1 genre, 2 espèces
  • Les Nycteridés: 1 genre, 19 espèces
  • Les Phyllostomidés: 55 genres, 160 espèces
  • Les Thyroptéridés: 1 genre, 3 espèces
  • Les Vespertilionidés: 47 genres, 388 espèces

Le monde des Vespertilioniformes (anciennement microchiroptères) est intrinsèquement lié à celui de l’écholocation. Les chauves-souris sont capables de se repérer et détecter leurs proies dans la pénombre en écoutant les échos générés par la réflexion de leurs propres  »cris » sur n’importe quel objet dans l’espace (insectes, arbres, sol, feuilles…).

 Les Vespertilioniformes émettent des ultrasons (ou signaux de hautes fréquences, généralement > à 20 kHz) produits par le larynx et propagés dans l’air par la bouche ou par le nez. L’appareil écholocatif s’est amélioré et complexifié au cours des millions d’années d’évolution, ce qui a favorisé l’apparition d’organes de plus en plus spécialisés dans l’émission et la réception des signaux d’écholocation.

Certains Vespertilioniformes ont par exemple des oreilles démesurées, ce qu’illustrent à merveille les espèces du genre Plecotus, aussi appelées oreillards (Plecotus sardus).

Plecotus sardus

Les espèces utilisant leur nez pour propager les signaux d’écholocation ont également développé des feuilles nasales qui servent à modifier et orienter les ultrasons produits par leur larynx. C’est le cas des espèces appartenant au genre Rhinolophus, communément appelées rhinolophes (Rhinolophus luctus). C’est donc pour des raisons pratiques que quelques Vespertilioniformes ont développé un aspect à première vue repoussant, selon bien sûr, nos propres critères esthétiques.

Le sous-ordre des Pteropodiformes 

  • Les craseonycteridés: 1 genre représenté par 1 espèce
  • Les Hipposidéridés: 9 genres, 81 espèces
  • Les Mégadèrmatidés: 4 genres, 5 espèces
  • Les Pteropodidés: 43 genres, 184 espèces
  • Les Rhinolophidés: 1 genre, 76 espèces
  • Les Rhinopomatidés: 1 genre, 4 espèces

Le sous-ordre des Pteropodiformes (anciennement mégachiroptères) est majoritairement représenté par des chauves-souris frugivores de grande envergure, communément appelées les renards volants. Ces 175 espèces appartiennent toutes à la seule famille des Ptéropidés dont la plupart sont présentes dans les régions tropicales de l’Ancien monde (Afrique, Asie et Australie).

D’importantes colonies y sont retrouvées, d’ordinaire accrochées aux branchages, à l’exception du genre Roussetus qui a tendance à privilégier les cavernes comme gîte de repos. Bon nombre d’espèces migratrices telles que la roussette d’Égypte (Rousettus aegyptiacus), parcourent des milliers de kilomètres annuellement, en quête des conditions favorables à leur subsistance.

Cette espèce frugivore présente d’ailleurs une aire de répartition qui s’étend du nord de l’Inde jusqu’à l’ensemble du continent africain, hormis les régions les plus désertiques du Sahara. L’exemple le plus remarquable de migration est sans doute représenté par les 5 à 10 millions de roussettes paillées africaines (Eidolon helvum), quittant chaque automne le bassin du Congo pour rejoindre les forêts tropicales zambiennes en quête de fruits divers à se mettre sous la dent.

Straw-Coloured Fruit Bat, (Eidolon helvum), Kasanka National Park, Zambia, Africa, horizontal, abundance, sky, full, on the move, sunrise, sunset, many, flying

Elles sont également pourvues de mâchoires imposantes, leur permettant de venir à bout des fruits les plus coriaces, afin d’en extraire le jus dont elles se nourrissent. Les Pteropodiformes utilisent un système d’écholocation rudimentaire pour se repérer grâce à l’émission de sons audibles (< à 20 kHz ).

Quelques roussettes (la roussette d’Égypte, R. aegyptiacus; la roussette de Geoffroy, R. amplexicaudatus; la roussette de Leschenault, R. leschenaultii) utilisent malgré tout un système d’écholocation moins perfectionné et basé sur le claquement de langue. Les sons ainsi produits sont de basse fréquence (< à 20 kHz) et sont donc perceptibles par l’homme. Ce système d’écholocation particulier aurait d’ailleurs évolué marginalement à celui des Vespertilioniformes.

À l’instar de plusieurs espèces issues des forêts tropicales du Nouveau-Monde (Amérique latine), quelques rares
Pteropodiformes de plus petite envergure se sont spécialisés dans la consommation de nectar et de pollen.

Les Pteropodiformes détiennent, par ce fait, un rôle primordial pour la pollinisation et la dispersion des graines de plusieurs centaines de plantes à travers le monde, participant ainsi directement au reboisement et à la pérennité des forêts tropicales.

Références

Altringham, J.D. (1996) Bats, biology and Behaviour. Oxford University Press

Findley J.S. (1993) Bats. À community perspective. Cambridge University Press, New York, 167 pp.

Kunz T.H. and Parsons S. (2009)  Ecological And Behavioral Methods For The Study Of Bats. Baltimore. Johns Hopkins University Press

Popa-lisseanu A.G. et al. (2007) Bats’ Conquest of a Formidable Foraging Niche: The Myriads of Nocturnally Migrating Songbirds. PLoS ONE 2(2): e205.doi:10.1371/journal.pone.0000205

Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, et T. A. Dewey. 2008. The Animal Diversity Web (en ligne). Accedé le 12 Mars 2011 @ http://animaldiversity.org

Richter H.V. & Cumming G.S. (2007) First application of satellite telemetry to track African straw-coloured fruit bat migration. Journal of zoology, 275(2): 172-176.

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