Au Québec

Faisant partie de l’ordre des chiroptères, les chauves-souris sont les seuls mammifères au monde capables de voler.

Au Québec, 8 espèces de chauves-souris sont recensées sur le territoire. Ces espèces font toute partie de la famille des Vespertilionidés et sont strictement insectivores. Trois d’entre elles sont migratrices (la chauve-souris rousse, la chauve-souris argentée et la chauve-souris cendrée) et sont présentes sous nos latitudes vers la fin du printemps (mai), jusqu’au début de l’automne (septembre).

Lasiurus borealis
Chauve-souris rousse
Lasionycteris noctivagans
Chauve-souris argentée
Lasiurus cinereus
Chauve-souris cendrée

Les 5 autres espèces (la chauve-souris pygmée de l’Est, la chauve-souris nordique, la grande chauve-souris brune, la petite chauve-souris brune et la pipistrelle de l’Est) sont résidentes, c’est-à-dire qu’elles hibernent pour la plupart, dans des grottes et des mines abandonnées durant l’hiver.

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Chauve-souris pygmée
Myotis septentrionalis
Chauve-souris nordique
Eptesicus fuscus
Grande chauve-souris brune
Myotis lucifugus
Petite chauve-souris brune
Perimyotis subflavus
Pipistrelle de l’Est

Tableau synthèse des chauves-souris du Québec

Nom commun
Nom scientifique
Caractéristiques Milieux Syndrome du Museau Blanc (SMB)
Petite chauve-souris brune* – Myotis lucifugus  Résidente: gîte dans des grottes l’hiver, dans des habitations ou des cavités d’arbres l’été Espèce de sous-bois qui chasse dans des habitats humides et en bordure des points d’eau. Très atteinte. 90 % des populations décimées par le SMB. Bientôt décrétée en voie de disparition*
Chauve-souris pygmée – Myotis leibii Résidente: gîte dans des grottes l’hiver, dans des habitations ou des cavités d’arbres l’été Espèce de sous-bois qui chasse dans des habitats humides et en bordure des points d’eau. Très atteinte, mais état des populations inconnu au Québec.
Chauve-souris nordique* – Myotis septentrionalis Résidente: gîte dans des grottes l’hiver, dans des habitations ou des cavités d’arbres l’été Espèce de sous-bois qui chasse dans des habitats humides, les vieilles forêts et en bordure des points d’eau. Très atteinte. 90 % des populations décimées par le SMB. Bientôt décrétée en voie de disparition*
Pipistrelle de l’Est* – Perimyotis subflavus Résidente: gîte dans des grottes l’hiver, et des cavités d’arbres l’été Espèce de canopée qui chasse dans des habitats humides et en bordure des points d’eau. Très atteinte. 90 % des populations décimées. Bientôt décrétée en voie de disparition*
Grande chauve-souris brune – Eptesicus fuscus Résidente: gîte dans des grottes l’hiver, dans des habitations ou des cavités d’arbres l’été Espèce qui chasse en milieu ouvert, dans des habitats humides et en bordure des points d’eau. Abonde en milieu urbain. Atteinte. Cette espèce est plus résistante que les autres. Le taux de mortalité associé au SMB est de 40 %
Chauve-souris argentée – Lasionycteris noctivagans Migratrice: gîte sous le feuillage et dans des cavités d’arbres l’été comme l’hiver Espèce de canopée qui chasse dans des habitats humides et en bordure des points d’eau. Non atteinte par le SMB
Chauve-souris cendrée – Lasiurus cinereus Migratrice: gîte sous le feuillage des arbres l’été comme l’hiver Espèce qui chasse en milieu ouvert, dans des habitats humides et en bordure des points d’eau. Non atteinte par le SMB
Chauve-souris rousse – Lasiurus borealis Migratrice: gîte sous le feuillage des arbres l’été comme l’hiver Espèce de canopée qui chasse dans des habitats humides, les vieilles forêts et en bordure des points d’eau. Non atteinte par le SMB
*Espèces placées sous l’Annexe 1 de la Loi sur les Espèces en Péril (LEP) au Canada

La longévité des chauves-souris

Comparativement à leur taille et à leur métabolisme rapide, les chauves-souris bénéficient d’une longévité exceptionnelle. En Amérique du Nord, la durée de vie moyenne de la grande chauve-souris brune (Eptesicus fuscus) a été estimée à 15 ans et quelques espèces baguées ont pu être recapturées 20 ans après leur première capture. Leur secret de jeunesse réside-t-il dans l’hibernation?

Les espèces du genre Myotis peuvent entrer dans un état de torpeur (ou dormance) dès la fin septembre et jusqu’au mois d’avril si les conditions restent défavorables (températures trop froides et trop peu d’insectes à se mettre sous la dent). En restant active au moins 4 mois par an, une chauve-souris de 20 ans aura seulement accumulé 8 ans d’activité métabolique, mais ceci n’explique pas tout.

En effet, les chiroptères présents sous les tropiques n’hibernent pas et pourtant, 3 espèces (Carollia perspicillata, Myotis nigricans, Artibeus jamaicensis) ont été retrouvées 7 ans, 10 ans, voir 18 ans après leur première capture au Costa Rica et au Panama. La durée de vie des chauves-souris tropicales n’est pas bien différente des chauves-souris arctiques.

La deuxième explication possible: les chauves-souris ont un très faible taux de mortalité comparé à de nombreux mammifères de même taille. Une trop grande pression de prédation augmenterait drastiquement ce taux de mortalité. Il semblerait donc que le fait de voler soit un moyen relativement efficace pour échapper aux prédateurs!

Mortalité et taux de survie

Le taux de survie annuel des chauves-souris à l’âge adulte a été estimé entre 50 et 80 % des naissances. Pour des rongeurs de même taille, ce taux serait réduit à une marge comprise entre 5 et 45%. Le taux de survie élevé des chauves-souris est donc comparable à celui des mammifères de grande taille.

Le plus fort taux de mortalité chez les chauves-souris survient avant l’âge de 1 an (la plus jeune cohorte). Sous nos latitudes, les nouveau-nés fraîchement sevrés (après 3 à 4 mois) doivent apprendre à voler rapidement et chasser efficacement afin d’accumuler les réserves de graisse indispensables à leur première hibernation. Les nouveau-nés sont aussi plus vulnérables aux prédateurs nocturnes, tels les chouettes et les hiboux. Néanmoins, il est peu probable qu’une forte pression de prédation s’exerce sur les chiroptères de manière générale. Les comportements de prédation sur les chauves-souris sont rarement observés dans la nature par les chiroptèrologues et il existe encore trop peu d’information à ce sujet pour être en mesure d’en déterminer l’influence sur le taux de mortalité des chauves-souris.

 

 

Référence

Findley J.S. (1993) Bats. À community perspective. Cambridge University Press, New York, 167 pp.

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